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Bon bin je dors pas, alors autant vous raconter ma journée.
Rencontré mon directeur de programme (qui ne m'a pas fait attendre du
tout), avec qui j'ai été au secrétariat du
département de langues. Comme deux des cours auxquels je voulais
m'inscrire demandent des prérequis, il me fallait son aide pour faire
l'inscription. Il n'a pas demandé à voir mon bulletin de l'UdeM,
n'a pas appelé ses collègues du département d'informatique
pour savoir si les cours que j'ai suivis correspondaient bien aux
prérequis, il m'a juste emmené voir une secrétaire et lui
a demandé de forcer l'inscription, en ignorant les
prérequis. Elle a eu un drôle d'air quand il lui a dit qu'on
substituerait "Vie de Lénine" par "Intelligence Artificielle" mais n'a
pas posé de question.
File d'attente au registrariat pour faire mon changement
d'adresse. L'adresse dans mon dossier devrait être celle de ma chambre
aux résidences plutôt que celle de ma mère à
Montréal, pour que ma carte me parvienne au PC. Voici le formulaire,
écrivez en lettres moulées et remplissez bien tous les champs, et
tassez-vous s'il-vous-plaît que je puisse servir les autres en
attendant.
Attendu mon partenaire d'IA au lab d'info, il a oublié de se
pointer. Et comme je n'ai pas de login / mot de passe encore (ça prend
la carte d'étudiant), j'ai passé trente minutes à jouer
avec Ctrl-Alt-Delete et le bouton "OK" (eh oui, ces pleutres utilisent
Windows).
Finalement j'ai eu mon cours de Russe II. Ça va être exra
facile, un peu trop même. Je me disais que ça ne serait
peut-être pas le même niveau qu'à l'UdeM, et donc que
j'apprendrais peut-être des nouveaux trucs, mais j'ai l'impression que je
vais vraiment refaire le même cours une deuxième fois. Comme je
savais la réponse à la plupart des questions j'étais
tenté de les dire haut et fort mais j'ai pensé à Socrate
qui "ne savait rien" et j'ai essayé de ne pas parler plus fort que les
autres. J'ai aussi eu l'image du petit Marcel Pagnol ("quand on sait, on se
tait!"). La prof, qui est la femme de M. Sadetsky, a le même tic de
langage ("absolument fantastique!", "merveilleux!", "superbe!"), et
c'était drôle parce-que plusieurs appartés qu'elle a faits
étaient exactement les mêmes que ceux faits par M. Sadetsky hier
soir. Et elle nous a fait écouter la même pièce de musique,
et nous a montré les mêmes cartes postales. Ils semblent avoir
exactement la même technique d'enseignement. et je me demande si les
similitudes viennent du fait qu'ils se racontent leur cours en grand
détail le soir ou s'ils répètent tous les deux la
même chose à chaque année.
Bientôt il va falloir commencer à faire des devoirs, ça
ne me tente pas trop. Aller aux cours ça m'enthousiasme, mais les
devoirs moins.. Il va falloir que je me parte une routine si je veux bien
m'appliquer.
Ça doit pas être facile, d'être avec plein de monde qui
ne parlent pas ta langue et dont on ne maîtrise pas la langue. Ça
m'a frappé quand Simon, l'Allemand, qui cherche souvent ses mots,
racontait une blague, et il était en train de mimer le personnage, et il
s'est interrompu pour nous demander un mot, puis a repris la peau du
personnage, ça coupait vraiment le rythme et ça m'a fait
réaliser les difficultés de cette situation. Que je vais vivre
dans quatre mois. |