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Soirée d'anniversaire de JP et Simon. Beaucoup de français
approximatif, influences espagnoles et allemandes. Discussions avec Simon
(l'allemand) au sujet des conséquences des défaites des
première et deuxième guerres mondiales sur le moral collectif
allemand; jasé avec plusieurs au sujet de l'influence Américaine
sur toutes les cultures du monde.
Je pense à Montréal, à ces rues que j'ai eu l'habitude
de parcourir. C'est juste une habitude. On prend l'habitude de Montréal,
de Québec, de l'université de Montréal, de
l'unversité Laval. On s'adapte à l'environnement
présent. Je me souviens de Montréal, mais cela ne me semble pas
distant. Un autre environmement, mais le même moi, qui reste pareil. Je
n'ai pas vraiment le sentiment de vivre quelque chose de nouveau, c'est
toujours le même voyage. Quand on fait le trajet
Montréal-Québec en voiture, c'est le même sentiment peu
importe à quel point on se trouve. C'est la campagne, les arbres, et on
continue d'avancer avec notre but en tête. Même chose. C'est une
nouvelle chambre, de nouveaux amis, mais le sentiment reste le même. Je
regarde par ma fenêtre, et ce lampadaire et ce bout de bâtiment que
je vois, c'est comme si je les avais toujours vus. Ces personnes avec qui j'ai
conversé ce soir, c'est comme si je les avais toujours connues. Toujours
le même voyage qui continue, et un décor qui semble ininterrompu
qui continue de défiler.
C'est comme la sauce à spagat que j'ai préparée ce
soir. La première fois que je fais une sauce à spagat
entièrement par moi-même de A à Z. OK, combien de sauces
à spagat je vais faire dans ma vie, 100, 2000? Alors la première
c'est censé avoir toute une importance. Mais je l'ai juste faite,
c'était pas difficile, émouvant, particulier, remarquable. J'ai
juste fait une sauce à spagat, c'est tout.
Quoi de plus abstrait qu'une combinaison de cadenas? 5, 10, 20, mais cinq
quoi? Cinq pommes, pêches, abricots? Je me souviens des nombres, et
surtout de l'image visuelle des chiffres sur le cadran, mais qu'est-ce qu'on
compte au juste?
Je suis soûl et je fais plein de fautes de frappe, et après la
soirée que je viens de passer ça me donne l'impression que je
parle avec un accent étranger.
Quoi de plus ironique qu'un Allemand, né dans un pays de
bières prestigieuses, qui vous dit que de la Labatt Bleue Dry c'est bon?
J'ai presque honte. Par contre un Français qui vous prépare un
pâté chinois succulent, ça c'est plaisant.
En fin de compte je suis un étranger moi aussi.
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