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Musique : Fred Fortin - Joseph Antoine Frédéric Fortin Perron
On est quatre, on marche trois quarts d'heure dans les rues
de Sillery. Il fait nuit, quelques degrés sous zéro, le Basque en
revient pas d'avoir la poche gelée et s'inquiète pour son
sperme. On se laisse porter au gré des petites rues, de plus en plus
étroites, les maisons de plus en plus anciennes. On boit une grosse
Black Label en se cachant des flics.
Et puis tout d'un coup, on descend quelques marches et on se
retrouve dans un genre de club-resto fancy, avec des jeunes de notre âge
habillés comme s'ils en avaient le double. La musique est une sorte
inconnue de techno, et il y a de drôles de lumières plates et
rectangulaires qui clignotent de toutes sortes de couleurs. Les femmes
habillées en noir fument leur cigarette avec le coude sur la table et le
poignet plié par en arrière, devant des plats de bouffe que je
n'identifie pas mais qui me semble coûteuse. Il y a une boule disco; les
serveurs sont style "techno era"; il faut crier à moitié pour
s'entendre (j'essaie de savoir s'ils parlent Français à la table
d'à côté); la caisse roule sur Windows.
Je préférais dehors, je crois.
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