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Sam 29 novembre 2003, 02h14 (GMT-5)

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Musique : Boards Of Canada - Geogaddi

Dans le fond je ne vous ai pas décrit beaucoup mes camarades de Québec, ce qui est bien dommage puisqu'il y en a plusieurs qui sont très colorés. Alors ne reculant devant rien pour éviter de faire des devoirs, je vous donne le portrait de ceux qui m'entourent.

Jorge Prieto est le genre de gars à se retrouver au centre d'un réseau d'amis. Il est très sociable, parle avec beaucoup de gens et organise toujours des sorties. Il est né à Pointe-Claire (ou Beaconsfield?), sur l'île de Montréal, puis a déménagé très jeune pour Bogota. Son père est Colombien, sa mère Manitobaine. À seize ans, après avoir fini l'école, il a décidé d'aller vivre chez son oncle et sa tante à Victoria, BC; sa famille l'a rejoint six mois plus tard. Il étudie la traduction. Il parle donc couramment Espagnol et Anglais, est même incapable de dire laquelle est sa langue maternelle. Il parle aussi très bien Français, en articulant toujours beaucoup et en utilisant parfois des expressions très littéraires (il dit souvent "fort" au lieu de "très"); d'ailleurs deux de ses phrases sont devenues des leitmotiv dans le groupe, soit "tu n'as pas le choix" (en articulant bien chaque syllabe et avec l'accent sur "pas") et "absolument" (avec l'accent sur le "o").

Jorge est toujours émerveillé par les choses qui l'entourent, et aime bien s'impliquer dans les causes sociales. Il va aux manifestations, veut s'inscrire au groupe d'Amnistie Internationale de l'université, et aime bien apprendre sur les pays en voie de développement. Il décide souvent d'organiser des sorties, et invite chaque personne qu'il connaît à y aller. C'est ainsi que quand il a voulu s'acheter des salopettes il a traîné un groupe de six personnes (dont votre humble narrateur) avec lui pendant trois jours (de très agréables promenades pour mon compte). Hier le groupe d'Amnistie Internationale présentait deux vidéos sur les prisons de Russie et sur les trente personnes dans la salle au moins vingt y étaient sur invitation de Jorge (incluant notre gang des résidences, des collègues de classe et même sa prof d'Espagnol). Il a même réussi à convaincre un groupe d'aller à la messe à neuf heures un dimanche matin.

Jorge aime bien les gens, et surtout les femmes. Au début de la session on le surnommait "el cazador indio", car il a un visage d'indien et est constamment "en chasse". Depuis quelques temps on a tous l'impression qu'il sort avec Julie, de Guelph, mais pour des raisons connues d'eux deux seulement ça reste à demi caché.

Jorge et Julie

Julie Desbecquets, elle, est née en Ontario d'un père Québécois et d'une mère ontarienne. Jusqu'à six ans elle parlait surtout Français, puis elle a surtout parlé Anglais. Elle a un léger accent anglophone, mais on sent bien qu'elle parle Français depuis la naissance, bien qu'elle fasse de temps à autre des erreurs qu'un francophone pur laine ne ferait pas (soit des erreurs de genre, soit l'utilisation de faux amis assez évidents pour moi). Elle est venue faire un bac en études internationales.

Elle aussi semble s'entourer d'un très grand nombre d'amis. Elle habite au pavillon Parent, le plus populeux des résidences, et semble y connaître la plupart des gens. Elle a des airs espiègles, mais est bien inoffensive, à part sa propension incroyable à briser des objets de vitre. Elle a fait voler en éclats une grosse Black Label dans notre corridor, une bouteille de porto dans une cabine d'essayage de La Baie, un assiette dans la cuisine, et dans sa cuisine des verres et assiettes divers. C'est en discutant avec elle et Marla que j'ai fini par réconcillier mon moi québécois et mon moi canadien. Avec son Français qui est à peu près au niveau de mon Anglais, on représente bien notre pays billingue.

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Bon j'avais commencé ce texte ce midi mais je me suis ensuite endormi (Jorge, toujours motivé, m'a réveillé à huit heures trente ce matin pour aller à la bibliothèque, en basse-ville; on y est allés, ainsi que deux autres amies). Là je vais me coucher, mais je continuerai cet exposé dans les jours à venir.

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Hervé Saint-Amand, Montréal